RHV 2025


CULTURES PAYSANNES
Revue historique vaudoise 133/2025
410 pages, 140 illustrations,
index des noms de lieux et de personnes
CHF 40.- plus frais de port

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Sommaire ci-dessous

Image de couverture : Gustave Roud, Fernand Cherpillod,
fin des années 1930. © Fonds photographique Gustave Roud / Subilia, BCUL, AAGR, IS 5336-05984.


Cultures paysannes

Sous la direction de Philippe Kaenel et Aline Johner


Après le volume consacré en 2018 aux Acteurs de la vigne, paru à l’occasion de la dernière Fête des vignerons et publié avec le soutien de la Confrérie des vignerons, la Revue historique vaudoise propose un nouveau numéro dédié aux Cultures paysannes avec le généreux soutien de Prométerre, Association vaudoise de promotion des métiers de la terre, qui célèbre ses trente ans d’existence en 2025. Cultures paysannes ne prétend pas offrir une synthèse encyclopédique. Il rassemble des contributions variées qui explorent, de l’Antiquité à nos jours, les multiples facettes de la vie paysanne. L’objectif est de rappeler que cette « réalité » est partagée, plurielle et qu’elle traverse des champs aussi divers que le droit, l’architecture et le patrimoine bâti, le patrimoine immatériel et l’histoire des femmes, l’éducation des filles des garçons depuis le XVIIIe siècle, la littérature, la photographie et le cinéma, l’édition, la politique, la vie associative, la biographie socio-historique, l’aménagement du territoire, l’économie, la médecine vétérinaire, sans oublier l’écologie, la durabilité ainsi que la place de la ville dans les pratiques agricoles. Historiens et historiennes de l’art, de la littérature, de la politique, de l’architecture, du patrimoine, de l’environnement, de la médecine vétérinaire ou des associations agricoles proposent ainsi des morceaux d’une histoire qui reste à écrire.

Retrouvez ici les différents échos de ce numéros dans la presse et les médias electroniques.

David Auberson : Éditorial

Philippe Kaenel : Cultures en partage : ruralité et urbanité dans le canton de Vaud, en Suisse et ailleurs.
L’histoire et les représentations de la ruralité ont toujours et d’abord résulté de relations de pouvoir (exercées à travers l’assujettissement au travail et au droit), et façonnées par la culture citadine, par une urbanité jouant de la distinction et qui s’est construite avec et contre les images de la ruralité. Il ne s’agit donc pas ici de militer pour tel point de vue ou telle vision particulière, mais de rappeler que la « réalité » des cultures paysannes est partagée et qu’elle recoupe des domaines croisés de la vie et des pratiques sociales et des savoirs comme le droit, l’architecture et le patrimoine bâti, le patrimoine immatériel et l’histoire des femmes,
l’éducation des hommes et des femmes du XVIIIe siècle à nos jours, la littérature, la photographie et le cinéma, l’édition, la politique, les associations, la biographie sociohistorique, l’aménagement du territoire, l’économie, la médecine vétérinaire, ainsi que l’écologie et la durabilité et, pour finir, la place de la ville dans les pratiques agricoles.


Guillaume Favrod, Lucas Rappo : Écrire la ruralité dans le canton de Vaud : essai historiographique.
Depuis la fin du XVIIIe siècle, l’histoire du monde rural vaudois évolue d’approches techniques et économiques vers une analyse des sociétés rurales. Elle est notamment portée a XXe siècle par l’essor de l’histoire sociale et l’apport des autres sciences humaines, marquée par un certain décalage avec les dynamiques européennes. Cet essai observe la place de la ruralité dans l’historiographie vaudoise, qui, bien que vue comme centrale, reste encore largement à approfondir sous de nombreux aspects.


Michel Fuchs : L’économie des domaines ruraux romains sur sol vaudois.
Le passage en revue des exploitations agricoles d’époque romaine inventoriées dans le canton de Vaud montre que peu d’entre elles ont été étudiées de manière suffisamment approfondie pour en comprendre tout le fonctionnement. Leur partie résidentielle est généralement ce qui a retenu l’attention alors que la zone agricole n’est que peu abordée. Prospections et vue aériennes permettent toutefois de clarifier leur organisation, en faisant apparaître deux types, celui de la villa à plan épars et celui à plan axial. Les témoignages archéologiques et les textes antiques aident à comprendre l’économie de domaines à la romaine qui ont marqué durablement le paysage.


Denis Tappy : Servitude ou liberté pour les paysans vaudois à la fin du Moyen Âge ? Bref bilan historiographique.
Une image traditionnelle de la paysannerie d’autrefois voudrait que la majorité des cultivateurs aient été des serfs à l’époque féodale, avant des affranchissements commencés à la fin du Moyen Âge, mais achevés parfois seulement à l’époque révolutionnaire. La situation vaudoise correspond en partie, mais pas totalement à ce schéma. En effet, le servage touchait une partie des paysans vaudois des derniers siècles du Moyen Âge ; mais ceux-ci coexistaient avec des cultivateurs de condition libre, de statuts assez variables. La présentation qui suit retrace essentiellement l’état des recherches à ce sujet durant les dernières décennies, pour le Pays de Vaud au sens large et les cantons ou pays limitrophes.


Monique Fontannaz : Les fermes communales au cœur de l’identité moudonnoise.
À la fin de l’Ancien Régime, la Ville et l’Hôpital de Moudon possédaient à eux deux six domaines, ou « granges », totalisant 869 poses de l’époque, soit environ 299 hectares. À cela s’ajoutaient 913 poses (314 ha) de « communs » (pâturages et bois). Les nombreux parchemins conservés aux archives communales permettent de faire remonter l’origine de la plupart de ces domaines au Moyen Âge. Même si des doutes subsistent quant à certaines identifications, ces documents livrent de précieux renseignements sur l’apparence des premiers bâtiments ruraux ainsi que sur les différents modes de propriété et d’exploitation au cours des siècles.


Caryl Süess : Immersion dans une chronique paysanne du début du XVIIIe siècle.
Cet article met en lumière un document sauvé de justesse de l’oubli : une chronique que le paysan et syndic des Planches (Montreux) Abraham Vautier a destinée à la postérité. Il en analyse le fil rouge, la série de malheurs qui ont affecté la localité, tout en montrant le potentiel d’un tel écrit personnel pour notre compréhension des dynamiques de groupe au sein d’une communauté rurale du début du XVIIIe siècle.


Danièle Tosato-Rigo : Femmes agronomes. Un plaidoyer insolite de Jean-Daniel Bourgeois (1764).
Secrétaire de la Société économique d’Yverdon, Jean-Daniel Bourgeois rédige à l’âge de 27 ans un mémoire envoyé à la Société économique de Berne dans lequel il développe un sujet alors rarement traité : l’éducation des femmes à l’agronomie. Accompagné d’extraits de ce document peu conventionnel, le présent article cherche à comprendre, autant que les intentions de l’auteur, la place des femmes dans le dispositif éducatif prévu et ses liens avec des réalités économiques et socioculturelles d’époque.


Oliver Rendu : Être paysan dans le canton de Vaud entre la fin du XVIIIe  siècle et le début du XIXe  siècle. La famille Fattebert de Villars-Bramard et ses patrimoines.
Cet article aborde la question de l’exploitation agricole vaudoise entre la fin de l’Ancien Régime et le premier XIXe siècle en s’intéressant aux domaines de la famille Fattebert de Villars-Bramard, paysans aisés et influents de la Broye. Ce texte aborde les conséquences de la succession des générations sur les patrimoines familiaux et des stratégies mises en place pour y faire face au moment de la Révolution vaudoise.


Vincent Robadey : Catherine-Élisabeth Vicat : une apicultrice éclairée ?
Méconnues du grand public, les sciences économiques au XVIIIe siècle (rustique/rurale – domestique – politique) révèlent le nouveau penchant de la République des Lettres pour l’agriculture. Indissociable en Suisse de l’action des sociétés économiques, de leurs règlements et de leurs mises au concours, l’agronomie fédère des savants mus par le bien commun, la nouveauté et la volonté de moderniser des pratiques agricoles qu’ils jugent désuètes. Entre science et art, entre périodiques savants et instructions aux cultivateurs, les recherches agronomiques revendiquent une « transformation systématique » des connaissances. L’apiculture, parent pauvre de l’historiographie des sciences, révèle d’étonnants processus de transformation des connaissances et d’émancipation d’une nouvelle génération de femmes savantes.


Isabelle Roland : Un témoin du passé campagnard à Chailly-sur-Lausanne.
L’histoire de la maison paysanne de Chailly traitée dans cet article est aussi intéressante que complexe. Construite en 1770 sur un ancien commun et plutôt modeste à l’origine, elle a été agrandie au cours du temps afin d’abriter un second logement et des locaux dévolus à la viticulture. En partie troglodytique, cette maison a conservé de nombreux aménagements des XVIIIe et XIXe siècles. Menacée de démolition dans les années 1960, elle a été réhabilitée de façon particulièrement respectueuse en 1971.


Béatrice Lovis et Nicolas Delachaux (coll.) : La ferme horlogère des Mollards-des- Aubert : histoire et avenir d’un site jurassien.
Située sur les hauteurs de la Vallée de Joux, la ferme des Mollards-des-Aubert peut être documentée grâce à de nombreuses sources archivistiques et iconographiques. Neuf générations de la famille Aubert se sont succédé au domaine depuis l’achat des terres à la fin du XVIIe siècle. Les Aubert ont exercé de multiples activités pour compléter les revenus qu’ils pouvaient tirer de l’agriculture : coutellerie, minoterie, musique, horlogerie et enfin production artistique, avec le peintre-graveur Pierre Aubert, son dernier habitant. Classée Monument historique, la ferme horlogère fait actuellement l’objet d’importants travaux et sera ouverte au public dès 2026, à l’occasion de son tricentenaire.


Guillaume Favrod : La feuille d’agriculture et d’économie générale : un champ à défricher.
Créée en 1812, la Feuille d’agriculture et d’économie générale reflète les ambitions réformatrices et physiocrates de la Société d’agriculture et d’Économie Générale du canton de Vaud, héritière de la Société d’émulation. Rédigée par des figures de la politique, des lettres et des sciences vaudoises, cette revue a pour but de diffuser des savoirs agronomiques et économiques pratiques. Source précieuse mais méconnue, elle éclaire les dynamiques rurales et la circulation des savoirs au début du XIX e siècle.

Alexandre Truffer : Augusta Gillabert-Randin (1869-1940) : une vie au service du rôle social de la paysanne. 
Personnalité paysanne d’envergure internationale, Augusta Gillabert-Randin commence à peine à sortir des oubliettes de l’histoire. Pionnière volontaire et indépendante, elle détonne dans un monde agricole romand largement ignoré des historiens et des cercles intellectuels. Très engagée pour la défense du monde rural, cette femme conservatrice ne coche pas toutes les cases du féminisme contemporain, malgré son engagement pour le droit de vote des femmes. Elle avait surtout pour objectif, la défense d’un monde rural en déclin.


Daniel Maggetti : Écrire la campagne au XIXe siècle : entre idéalisation et caricature.
Investi d’un fort potentiel identitaire et symbolique, le monde paysan fait le plus souvent l’objet d’un traitement idéalisé dans la littérature vaudoise du XIXe siècle. À cet égard, l’exemple des romans d’Urbain Olivier est particulièrement frappant. À la fin du siècle, les illustrations d’Eugène Burnand viennent couronner cette œuvre dont le réalisme n’est pas la première préoccupation. Parmi les auteurs qui s’élèvent contre cette image pour le moins biaisée figure Jules Besançon, dont plusieurs récits (citons Le Tyran de village) semblent se donner pour but de corriger la vision propagée par Olivier, en usant de la satire, ainsi qu’Édouard Rod dans L’Eau courante ou L’Incendie. Mais l’acceptation progressive d’une peinture réaliste, sombre parfois, de la campagne, n’advient vraiment qu’avec la production de C. F. Ramuz.


Stéphane Pétermann : Gustave Roud et la ruralité du Jorat : une relation intime.
Dans ses proses poétiques et ses photographies, Gustave Roud établit une relation intime avec le monde rural qui l’entoure, dans le Jorat, dont il est issu. Cette relation présente deux versants. D’une part le « mystère paysan », qui opère une réduction de la ruralité à la figure paysanne masculine érotisée, centre et intercesseur du poète, figure de l’acceptation. D’autre part le « monde paysan », dont le poète et photographe documente les divers aspects formant un mode de vie particulier.

Carmen Crozier : Une école d’agriculture pour unir les Vaudois ? Aux origines de Marcelin.
La création de l’École cantonale d’agriculture de Marcelin, inaugurée en 1922, symbolise l’évolution de la formation agricole vaudoise et un enjeu politique majeur de l’époque. D’une part créée face à la montée du parti agraire, elle reflète la volonté des radicaux d’offrir une réponse institutionnelle modérée à ces revendications politiques. D’autre part, son développement s’inscrit dans un contexte de modernisation agricole suisse qui débute au XIXe siècle et se trouve renforcé par la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire après la Première Guerre mondiale.

Olivier Meuwly : Paysans et politique : entre engagement bourgeois et anticapitalisme.
Dès le moment où la classe paysanne se comprend comme une force politique capable d’autonomie, elle se tourne vers les partis bourgeois. Farouchement attachés à la propriété privée et à leur indépendance, les paysans se considèrent dès la fin du XIXe siècle comme les dépositaires de l’identité de la Suisse. Mais son inclination, que l’on peut qualifier de naturelle, vers la droite doit être nuancée, comme le montre le cas du parti agrarien vaudois. Fondé en 1921, il va nouer une longue idylle, dans les années 1930 et 1940, avec la gauche socialiste, au nom de l’alliance des ouvriers et des paysans contre le capitalisme. Il réintégrera
néanmoins le camp bourgeois au début des années 1960, avant de devenir le pilier d’un libéralisme de type conservateur à tendances nationalistes dès les années 1990, dans le sillage des succès de l’UDC alémanique.

Jean-Luc Kissling : Paysan, quel(s) métier(s) ? Les agriculteurs vaudois et leur organisation professionnelle.
Le secteur agricole suisse est influencé directement par le contexte économique et politique mondial. Au cours des derniers cent ans, des phases de libéralisation des échanges et de protectionnisme se sont succédé. Confrontée à ces deux pôles en incessante tension, l’agriculture vaudoise a été accompagnée par des organisations agricoles fortes ; la Chambre vaudoise d’agriculture dès 1920, puis Prométerre, issue en 1995 de la fusion de trois associations. L’énergie dont font preuve, paysannes et paysans leur permet de s’adapter en permanence.

Jean Ruegg et Laurent Bridel : Amélioration foncière et aménagement du territoire
(1940-1976).

A priori, améliorations foncières (AF) et aménagement du territoire (AT) sont deux domaines bien distincts. Les AF sont indissociablement liées aux efforts menés pour améliorer les conditions de l’agriculture. Pourtant, l’AT ne peut s’en passer. Dès qu’un remaniement parcellaire est requis pour s’assurer de la constructibilité de parcelles en zone à bâtir, les acteurs en charge de l’AT doivent respecter les règles définies dans la loi sur les AF. Cet article évoque la naissance des AF dans le canton de Vaud, avant de se pencher plus spécifiquement sur les liens entre AF et AT. L’outil des AF a joué un rôle prépondérant dans le développement de l’AT. L’AT a nécessité la mise en place de mesures restreignant progressivement le contenu de la propriété privée. Or, faute de moyens financiers pour indemniser des propriétaires privés de droit à bâtir, le dispositif des AF a été régulièrement mobilisé par le législateur comme principal outil de compensation.

Roland Cosandey : Advenu par les femmes. Augusta Gillabert-Randin et La paysanne au travail (Arthur Adrien Porchet, 1928).
Financé par souscription, Film agricole vaudois. La paysanne au travail fut le principal envoi des Vaudoises à la première Exposition nationale suisse du travail féminin, la SAFFA de 1928. L’article en étudie la genèse, largement redevable à Augusta Gillabert-Randin (1869-1940), et la diffusion, marquée par les prises de parole féministes et une position suffragiste affirmée après la trêve que représenta l’exposition bernoise.

Christian Pidoux : La presse agricole vaudoise : son histoire et son évolution.
À ce jour et de tout temps, il est difficile de distinguer la presse agricole vaudoise de la presse agricole romande. En effet, si certains titres furent essentiellement vaudois, de nombreux autres eurent, dès leur apparition, un caractère romand ou l’ont acquis au fil du temps. Par exemple, l’hebdomadaire agricole La Terre Vaudoise est devenu, par plusieurs fusions successives de titres cantonaux et institutionnels, l’Agri.

Ariane Devanthéry : Du champ au bureau : l’Association des paysannes vaudoises dans l’inventaire cantonal des traditions vivantes entre 2011 et 2025.
Bien que très brève, une fiche d’inventaire décrivant une tradition vivante est un peu comme un portrait. Le portrait de l’Association des Paysannes vaudoises établi en 2011 avec leur collaboration a été jugé caduc par cette même association une dizaine d’années plus tard. Un nouveau portrait a donc été dressé au début de l’année 2025. Cet éclairage s’est donné pour but de relever les différences entre ces deux représentations et de les mettre en perspective entre société, champs, bureau et fourneaux.

Paul Donadieu de Lavit : Des montagnes laitières aux destins contrastés : six bassins laitiers de Suisse romande.
Les Appellations d’Origine Protégée (AOP) fromagères se sont développées en Suisse dans les années 1990 et représentent aujourd’hui un quart de la production nationale. Elles sont particulièrement présentes en Suisse romande. À partir de la littérature et d’entretiens, l’étude compare six territoires romands produisant des fromages AOP pour retracer l’histoire agricole de chacun de ces territoires. L’évolution des bassins laitiers illustre les dynamiques complexes entre innovation, tradition et régulation.

Romain Mader : Le Papet.
En décembre 2022, l’État de Vaud, via son Service des affaires culturelles (SERAC), a lancé un appel à projets pour la deuxième édition de l’Enquête photographique vaudoise. Ce dispositif vise à documenter le patrimoine immatériel cantonal en soutenant des photographes professionnels dans la réalisation d’une enquête d’une année. En 2023, quatre projets portant sur des traditions vivantes inscrites à l’inventaire cantonal ont été retenus, dont Le Papet de Romain Mader, qui explore les étapes de production de ce plat emblématique. Les travaux issus de ces enquêtes sont destinés à enrichir le patrimoine iconographique contemporain du Canton. Le projet est présenté dans l’exposition Enquête photographique vaudoise : le regard de six photographes à Photo Élysée à Lausanne, en juin 2025. Les photographies présentées font partie du projet Le Papet, qui explore et met en lumière les savoir-faire artisanaux et les étapes de production dans le Canton de Vaud en Suisse romande.

Giovanni Peduto : La peste porcine : un fléau centenaire.
La peste porcine, maladie affectant les suidés, a marqué l’élevage vaudois. La peste porcine classique, éradiquée depuis 2001, a longtemps été endémique, tandis que la peste porcine, jamais détectée en Suisse, reste une menace globale. L’évolution des pratiques agricoles et les avancées réglementaires ont renforcé la résilience du secteur porcin face à ces défis sanitaires. Toutefois, la mondialisation exige une vigilance constante pour prévenir l’introduction de nouvelles épizooties.

Ingrid Jahrl et Olivier Ejderyan : L’agriculture urbaine en ville de Lausanne : entre production alimentaire et politique environnementale.
Depuis le début du XXIe siècle, Lausanne a vu émerger de nouvelles formes d’agriculture urbaine qui réactualisent une culture du jardinage vivrier en ville. Elles s’inscrivent dans des politiques publiques municipales de durabilité, allant bien au-delà de la fonction alimentaire de ces jardins. L’article montre comment la ville a intégré l’agriculture urbaine dans ses stratégies d’aménagement, en misant sur sa capacité à renforcer la cohésion sociale, la biodiversité et l’éducation. Des plantages aux fermes municipales, en passant par les écoquartiers, Lausanne développe un modèle hybride articulant initiatives citoyennes et soutien institutionnel, tout en composant avec les contraintes de la densification urbaine.

Johann Recordon : Brève histoire environnementale du blé dans le canton de Vaud.
Depuis le Néolithique, la culture du blé a joué un rôle central dans l’histoire du Pays de Vaud. Aujourd’hui, le dérèglement climatique remet en question sa viabilité. Cet article retrace l’histoire écologique et sociale du blé sur notre territoire, de l’autosuffisance médiévale aux crises modernes, en passant par l’internationalisation du marché et les défis liés à la crise environnementale. Il invite à réfléchir aux changements qui seront nécessaires à la poursuite d’une culture durable du blé vaudois.

Blaise Hofmann : Journal de campagne.
Saisir les enjeux de l’agriculture actuelle par empathie, se mettre parfois à la place des paysannes et paysans d’aujourd’hui ; renouer le dialogue entre la ville et la campagne, les consommateurs et les producteurs. Ce sont des défis que les artistes peuvent aider à relever. Cet article se propose, à partir d’anecdotes glanées durant deux années par l’auteur de Faire paysan (éditions Zoé, 2023), de découvrir « de l’intérieur » le système agricole et esquisser quelques pistes pour rétablir le dialogue – de la fourche à la fourchette –, seul moyen d’engager une lutte commune pour une agriculture durable, économiquement, écologiquement
et humainement.